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Vous êtes ici: Sujets Prioritaires » Sclérose en plaques » Opinion d'experts 29. Juin 2017
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Rapport aux troubles de performances cérébrales lors d’une sclérose en plaques

Les troubles de performances cérébrales – aussi nommés réductions cognitives – sont fréquents en cas de sclérose en plaques (SEP). L’experte et PD Dr. Iris-Katharina Penner raconte sa longue expérience avec des patients de la SEP et donne des conseils pour la vie de tous les jours.

 
Des réductions de performances cérébrales se forment la plupart du temps insidieusement. La majorité des personnes touchées ressent tout d’abord un ralentissement dans sa façon de penser et ne peut plus capter ou traiter des informations aussi rapidement qu’avant.
 
Par la suite apparaissent des troubles de la concentration et de l’attention. Ces conséquences quotidiennes de la SEP sont très désagréables et affectent grandement la confiance des malades.
 
Madame la chargée de cours et Dr. Iris-Katharina Penner, de l’institut de psychologie de l’Université de Bâle, connait parfaitement cette problématique grâce à sa longue expérience avec des patients de la sclérose en plaques. Dans l’article qui suit, la neuropsychologue répond aux questions les plus fréquentes quant au rapport avec des réductions cognitives. Elle démontre qu’un rapport conscient ainsi que des discussions sur ce thème peuvent aider les malades et leurs proches.

 

Sommaire de l’interview: limitations cognitives lors d’une SEP

 

                                               

Santeweb: Quand les premiers troubles de performances cérébrales apparaissent-ils lors d’une SEP?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Les troubles de la capacité cérébrale – aussi nommés troubles cognitifs dans cet article – peuvent apparaitre dans chaque phase de la maladie. Des changements des fonctions principales du cerveau peuvent déjà être observés chez les patients souffrant du Clinically Isolated Syndrome (CIS), c.-à-d. à un point où le diagnostic de la SEP n’est pas encore définitif. Le moment d’apparition ne peut pas être prévu.

 
 

Santeweb: Les patients de la SEP peuvent-ils éviter préventivement ces troubles cognitifs?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Une prévention visant à éviter totalement l’apparition de cas n’existe pas. Ce qui a avant tout été observé est que les personnes intellectuellement très actives ont une meilleure réserve cognitive. Cela signifie que les pertes ne se manifestent chez elles que plus tard, car le cerveau d’une personne active est plus apte à compenser les défaillances.

 
 

Santeweb: Comment puis-je remarquer que ma capacité de mémorisation est affectée?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Dans la plupart des cas, les patients remarquent d’eux-mêmes un ralentissement dans leur processus de réflexion. On réfléchit plus avant de se décider, on a besoin de plus de temps pour comprendre les situations complexes, on prend plus de temps avant de répondre à une question etc. Il vient souvent s’ajouter à cela un trouble de la mémoire du travail. Il s’agit surtout de l’incapacité de garder en mémoire de courtes informations (par exemple oublier des proches, le numéro de téléphone qu’on vient de vous donner, ce que vous vouliez acheter il y a un instant dans un supermarché etc.). Finalement, s’y ajoutent encore des difficultés de l’attention. Les premiers symptômes peuvent être tellement discrets, que seulement les proches peuvent les déceler.

 
 

Santeweb: Existe-t-il des tests permettant de contrôler les capacités intellectuelles ? Comment puis-je différencier les troubles de performances cérébrales d’autres symptômes tels que la fatigue ou la dépression?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Les changements cognitifs sont découverts par des tests neuropsychologiques standardisés. Dans ces cas, chaque classe d’âge possède une valeur normale avec laquelle on peut comparer le résultat du patient. Lors d’une SEP, toutes les capacités cognitives ne sont pas affectées équitablement. Il existe ce qu’on appelle des fonctions principales, qui sont plus touchées que d’autres. Cela comprend: la vitesse avec laquelle les informations sont traitées, la mémoire de travail, la flexibilité mentale et l’attention. Ces fonctions cognitives sont donc principalement testées lors de tests neuropsychologiques chez les patients de la SEP. Afin d’exclure la dépression et la fatigue comme causes de ces atteintes, ces phénomènes sont pris en compte dans une inspection neuropsychologique et comparés aux capacités mentales.

 
 

Santeweb: En cas de troubles de performances cérébrales, des fluctuations sont-elles présentes et les pertes cognitives sont-elles définitives?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Les problèmes cognitifs sont dans ce cas sujets à des fluctuations, car ils peuvent être aggravés par des poussées. Des facteurs supplémentaires de la maladie, tels des troubles du sommeil, la fatigue, la dépression etc., peuvent influencer négativement les capacités cognitives et induire des fluctuations. Il existe peu de patients souffrant de troubles des capacités cognitives d’une façon passagère (fluctuante) et dont les capacités redeviennent intactes une fois la poussée terminée. Dans le meilleur des cas, seulement de légères restrictions cérébrales restent présentes. Ces dernières peuvent pourtant être compensées dans la vie de tous les jours par quelques stratégies précises.

 
 

Santeweb: Existe-t-il un traitement spécifique en cas de troubles partiels de performances cognitives?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

D’une manière générale, il n’existe pas de ’’pilules’’ contre les troubles cognitifs lors d’une SEP et permettant de résoudre le problème.

Sans avoir recours aux médicaments, il est possible d’agir contre les troubles de la capacité cérébrale par le moyen d’entrainements mentaux. Des processus déficients peuvent en partie être régénérés, grâce à une stimulation cérébrale spécifique aidant le cerveau à se réorganiser. L’efficacité de ces stimulations a été prouvée chez les patients de la SEP dans le programme BrainStim. Toutes les activités intellectuelles (jouer aux cartes, résoudre des mots croisés, jouer au damier etc.) aident le système nerveux central à rester flexible et intellectuellement actif.

 
 

Santeweb: Que conseillez-vous aux malades de la SEP souffrant de réductions cognitives?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Si les malades remarquent d’eux-mêmes une baisse de leurs capacités intellectuelles, ils doivent de suite contacter un neurologue. Ce dernier peut, si nécessaire, diriger le patient vers un(e) psychologue spécialisé(e) en SEP et qui est la personne la plus qualifiée pour faire un test neuropsychologique. Le diagnostic des réductions de la capacité cérébrale aide souvent les patients à accepter ces changements comme étant des conséquences de leur maladie. Un diagnostic clair permet aussi d’améliorer l’environnement social du malade.

 
 

Santeweb: Les autres personnes (proches etc.) doivent-elles savoir que je souffre de troubles de la mémoire?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Si les restrictions sont suffisamment graves pour affecter le patient et lui faire perdre confiance, alors je conseillerais de mettre son vis-à-vis au courant. Dans ce cas, je demanderais à mon vis-à-vis de tout d’abord parler plus lentement, afin que je puisse obtenir toutes les informations. Il est toujours difficile de juger à quel point le vis-à-vis est important. Il n’est pas nécessaire de mettre tout le monde au courant qu’on est devenu un peu plus lent et distrait.

 
 

Santeweb: Le stress et la dépression peuvent-ils influencer les capacités cognitives?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

Il a été prouvé que le stress et la dépression peuvent nuire indépendamment de la SEP aux capacités cognitives. Si ces deux facteurs agissent en plus de la SEP, on peut s’imaginer les effets encore plus graves qu’ils peuvent causer.

 
 

Santeweb: En conclusion: Avez-vous des conseils pour nos lectrices et lecteurs? Existe-t-il des stratégies facilitant la vie de tous les jours en cas de réductions cognitives?

PD Dr. Iris-Katharina Penner

D’une manière générale, il est important d’être conscient des réductions cognitives et, même si c’est difficile, d’essayer des les accepter comme étant une partie de la maladie. Cela permet de s’enlever beaucoup de stress. Si l’on est capable d’accepter ces déficits, il vaut alors la peine de penser à des stratégies conçues pour être appliquées dans la vie de tous les jours. Par exemple : écrire les choses les plus importantes et à se souvenir, planifier des phases de repos ainsi que maintenir un entrainement cérébral régulier.

1Penner et al., 2006
2Vogt et al., 2008, 2009

 

Médicaments et réduction de la performance cérébrale:

L’effet sur la capacité cérébrale (mémoire, attention, vitesse et flexibilité intellectuelle) de la thérapie agissant sur le système immunitaire (immunomodulateurs) avait jusqu’à présent été relativement peu étudié. Un effet positif déjà postulé en 2000 de l’Interféron-Beta 1b a maintenant pu être prouvé par une courte analyse de la grosse étude BENEFIT. En plus de l’Interféron-Beta 1b, l’Interféron-Beta 1a semble avoir un effet bénéfique sur la capacité cérébrale. Comme la plupart des patients se plaint avant tout de problème de mémoire, une tentative avec des inhibiteurs de l’acétylcholinestérase pourrait être efficace.
 
Nous remercions chaleureusement Madame PD Dr. méd. Iris-Katharina Penner pour son interview des plus informatives et lui souhaitons beaucoup de succès dans son travail pour les patients de la SEP.

 

Au sujet de l’interviewée

 

PD Dr. phil., Dipl.-Psych. Iris-Katharina Penner

PD Dr. phil.
Iris-Katharina Penner
 


Etude de psychologie à l’Université de Bonn et à celle de Berlin entre 1990 et 1996. Promotion 2003 de l’Université de Bâle dans les domaines de la neuroradiologie, de la neurologie et de la psychologie cognitive. Habilitation 2009 à l’Université de Bâle.
 
Depuis avril 2010, collaboratrice scientifique dans les départements de neurologie, de neuropédiatrie et de psychologie cognitive de l’Université de Bâle. Madame PD Dr. Penner est active en recherche scientifique surtout dans les thèmes de la neurocognition et de la neuroplasticité des processus neurodégénérateurs et inflammatoires du cerveau chez l’enfant et l’adulte, ainsi que dans les possibilités d’interventions cognitives et de prévention pour le cerveau vieillissant sain ou pathologique.
 
Université de Bâle
Psychologie cognitive et méthodologie
Missionsstrasse 60/62
4055 Bâle
Suisse
Tel.: 0041-61-267-3525
Fax: 0041-61-267-3526

Email: ik.penner@unibas.ch

www.psycho.unibas.ch/penner

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25.09.2010 - dzu

 
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